Archéologie des années 1990

L’archéologie dans les années 1990, ce sont 2 opérations d’ampleurs et de natures complètement différentes. L’intervention de l’AFAN sur la Tour Double est une des premières fouilles française en élévation.

L’archéologie au pied de Grosse Tour 1990

La Grosse Tour possède une entrée unique : une porte ouverte à 6 m au-dessus du niveau actuel de la cour intérieure. Un escalier de bois, posé sur des structures arasées couvertes de terre permet actuellement d’y accéder. L’objectif de l’intervention archéologique menée sur demande de l’Architecte en Chef des Monuments Historiques, au pied de cet escalier, était de comprendre l’accès originel de la salle haute de la Grosse Tour.

Vue de la butte sous l'escalier avant la fouille.
Vue de la butte sous l’escalier avant la fouille.

La fouille a permis de dégager un escalier de 2 m de large, bordé de murs latéraux. Les huit degrés mis au jour partent en direction de la porte surélevée de la Grosse Tour, sans qu’il soit possible d’affirmer qu’ils desservaient cet accès. Les blocs composant l’escalier, pierres de parement ou véritables marches, se trouvaient ici en réemploi.

Ainsi, il semble évident que cette structure, de par sa largeur et sa conception, n’est pas contemporaine du château du XIIIe s., mais a été établie postérieurement. La fouille devrait se poursuivre en 1991 par l’étude complète de la butte, afin de distinguer les aménagements tardifs des vestiges médiévaux. (Responsable de la fouille : Eric HENRY). 

Nota : Pendant quelques années le chantier bénévoles REMPART a protégé les fouilles. Toutefois, les moyens (bâches et bastings) mis à disposition ne permettaient pas une durabilité suffisante, ainsi quelques années après et sans directive permettant de poursuivre cette protection, la végétation a repris ses droits.

Vue de la Grosse Tour et de l’ancienne zone de fouille

L’Archéologie en élévation sur Tour Double 1993

Dans les années 1990, l’ archéologie en élévation est peu rependue. Cette intervention au niveau sommital de la Tour Double avant travaux a permis ainsi de dégager de la broussaille et d’un épais niveau de destruction une salle ronde. Celle-ci mesure 4 m de diamètre et globalement conserve l’élévation totale de ses murs (2,50 m) au sud.

Trois archères droites percent les murs; elles s’apparentent plus à des fentes de jour. Des leurres ? Le tir étant impossible depuis leur embrasure. Sur le sol, dallé très grossièrement, s’ouvre un orifice bordé de pierres taillées et donnant sur la salle inférieure (porte-voix ?).

(Responsable de la fouille : Chrystel MARET).

Essais de restitution par Pascal Langeuin du sommet de la tour :

A-archeo-2
« de 7 »

Nota : Les artéfacts, hormis le dépôt monétaire, ont été conservés par un passionné durant une dizaine d’années, avant une restitution in-situ. Depuis lors un mystère existe sur leurs localisations (un fond photographie et de dessins vous est fournit au dessus). 

Rapport Flash de la fouille.

Deux foyers, à même le sol, ont livré quelques céramiques cassées en place. Les éléments, découverts dans le niveau de destruction, ont permis de compléter la restitution de la salle. Une clé et une ferrure étaient, sans doute, issues de la porte fermant l’accès à l’escalier. Des éléments de cheneau, en calcaire soigneusement taillé, et des fragments de tuiles.

Ces éléments permettent de reconstituer une charpente couverte de tuiles «romaines ». Le système de gouttière partiellement retrouvé était posé sur le parement interne de la salle.

Un dépôt monétaire du milieu du XVIIe s., placé dans un pichet et enterré au sommet du niveau de destruction, permet de donner un terminus (ante quem) à l’écroulement des murs.

SOURCE : Échiré (Deux-Sèvres). Château du Coudray-Salbart  – Maret Chrystel Archéologie médiévale  Année 1994  24  pp. 493-494